“Je fais bien plus d’efforts que toi” 21 avril 2009
Par Thierry Klein dans : René Girard.Lu 1 695 fois | 2 commentaires
Toujours dans ce petit livre d’entretiens avec Girard dont je vous parlais l’autre jour, et dont décidément je trouve que les meilleures parties ne sont pas de Girard, la mise en évidence par une psychiatre d’un schéma qui se reproduit dans les familles où une fille est anorexique:
Il y a une rivalité pour occuper le rôle de victime au sein du couple parental. Chaque partenaire joue le martyr en tentant de culpabiliser l’autre. Chacun se présente comme celui qui se sacrifie généreusement pour le bien de la famille.
Bref, il y a compétition entre les parents pour être plus victime que l’autre.
Je pense à mes grands-parents, qui se la jouaient sur le registre maître-esclave et à mes parents, qui sont plutôt dans un registre bourreau-victime.
La différence entre les deux, c’est le travail incomplet du féminisme, qui change les esprits avant de changer les habitudes. Mon grand-père acceptait son rôle de maître - et ma grand-mère celui d’esclave - de façon tout à fait naturelle.
Une génération plus tard, mes parents ne vivent pas dans la même inconscience. L’égalité de l’homme et de la femme leur semble une chose naturelle MAIS elle ne se traduit pas encore dans une égalité des rôles dans le couple. Il en résulte une mauvaise conscience comparable à celle du bourreau (chez l’homme) et victimisation (chez la femme).
La position du bourreau est moins enviable que celle du maître, et celle de la victime moins enviable que celle de l’esclave car leur degré de connaissance est supérieur. Quand vous opprimez, le plus confortable est de n’en rien savoir.
Parenthèse: Les seigneurs du moyen-âge n’avaient aucune mauvaise conscience quant au sort qu’ils faisaient subir aux serfs (la mauvaise conscience arrive avec Voltaire, Diderot, Beaumarchais). Aristote - et les esclavagistes américains - considéraient les esclaves comme des sous-hommes et c’était bien pratique pour eux. Considérer que les animaux sont “évidemment” des êtres inférieurs nés pour être exploités et tués est bien pratique pour nous au moment où nous coupons notre steak. Sans une certaine dose de bêtise, ce monde devient totalement invivable.
Encore une génération et dans un couple “moderne” comme le mien, c’est victime-victime.
Le travail du féminisme est terminé, il y a une plus grande égalité des rôles dans le couple, en accord avec les principes (si généreux) que nous admettons (presque) tous. Et ce qui en sort, c’est une victimisation réciproque et une comparaison permanente pour savoir qui fait quoi, et pourquoi, etc… Il y a lutte permanente pour tout puisqu’il n’y a plus aucune raison “rationnelle”, admise par tous, pour rien.
L’anorexie naît des cas les plus extrêmes de cette lutte universelle à tous les couples. En ce sens, c’est une maladie éminemment moderne.
Et aussi : le monde moderne, c’est le monde où nous sommes tous victimes.
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Comment la publicité crée l’anorexie 10 avril 2009
Par Thierry Klein dans : Economie, René Girard.Lu 3 985 fois | 4 commentaires
La télé a été introduite pour la première fois aux îles Fidji en 1995.
Jusqu’alors, la notion de régime était inconnue - la culture locale valorise les grosses. Mais en 1998, 74% des lycéennes se sentaient “trop grosses” et 69% avaient tenté de se mettre au régime. 11% avaient tenté de se faire vomir (0% en 1995).
D’un point de vue plus qualitatif, les filles interrogées cherchaient à “ressembler à Cindy Crawford” ou “aux élèves de Beverly Hill”…
J’ai trouvé ces informations dans un petit livre d’entretiens avec Girard nommé “Anorexie et désir mimétique” et c’est une très bonne illustration de mes billets sur la façon dont la Pub nous transforme, de façon inconsciente, de citoyens en consommateurs, à tel point que même la crise financière peut s’interpréter, de façon ultime, comme une conséquence mimétique de la publicité.
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Une explication mimétique de la crise financière (pourquoi nous sommes tous coupables) 22 janvier 2009
Par Thierry Klein dans : Crise Financière, Economie, René Girard.Lu 10 810 fois | 16 commentaires
J’ai déjà expliqué pourquoi cette crise, qui est apparue d’abord comme une crise financière est d’abord une crise économique.
Depuis une trentaine d’années, les foyers américains se sont endettés pour consommer (1000 milliards de crédit-revolving en cours) et pour se loger (les subprimes, qui ont entraîné la faillite de Lehman, en septembre dernier).
L’endettement des foyers américains est une conséquence de la mondialisation, qui a mis le travailleur américain en concurrence avec la planète entière. Au début, il a tenté de s’adapter en utilisant le crédit, maintenant, il est au bout. Les capitaux peuvent s’évader, pas lui.
J’ai montré aussi comment la mondialisation a, dans le monde entier, privilégié le droit du consommateur au détriment de celui du travailleur et du citoyen. Le travail du dimanche, la fin des monopoles, l’augmentation du temps de travail, le travail des femmes… autant de réformes qui se sont faites au nom de l’intérêt du consommateur.
Or intérêt du consommateur et du travailleur s’opposent. Impitoyablement.
En achetant un nouveau téléviseur, je ne suis pas directement responsable de la fermeture de telle ou telle usine. Mais ce comportement, répété des milliers de fois pendant des dizaines d’années, a pour résultat final la délocalisation totale de presque toute l’industrie.
Nous vivons actuellement une situation de lutte des classes, mais à 3: actionnaire, travailleur et consommateur. Et le vrai méchant a changé: ce n’est plus le patronat, les 200 familles… C’est le consommateur, c’est à dire une partie de nous tous.
C’est psychologiquement moins confortable à admettre… Plus de coupable pratique et désigné. Le conflit est interne.
Le bras armé de cette lutte entre citoyen et consommateur a été la publicité (le marketing, pour faire large). C’est la Publicité qui nous fait voir le Monde sous l’angle du Consommateur, c’est la Publicité qui nous pousse, par des moyens toujours plus performants et sophistiqués, à consommer toujours plus, ce qui rend le monde plus précaire, le travailleur plus dépendant et “esclave” de son côté consommateur.
Tout le monde s’est méfié de la Religion, de la propagande politique. Mais personne ne s’est méfié de la Publicité, parce que ses objectifs sont a priori peu ambitieux. Qu’y a-t-il de mal à vouloir vendre plus de coca-cola, plus de voitures, de parfum ? Qui plus est, comme chacun sait, “moi, je ne suis pas particulièrement sensible à la pub !”. (En fait, si nous avions plus l’impression d’y être sensibles, la publicité aurait moins d’effet sur nous. Cette insensibilité est contredite, minute après minute, par les milliards dépensés en pub par les entreprises.)
J’ai écrit alors que la publicité était l’opium du consommateur. L’objectif de cet article est de proposer une interprétation psychologique, presque physique du phénomène.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Le moteur de la (bonne) publicité, c’est l’identification. La publicité nous montre un modèle enviable (le cas d’école : un mannequin). Nous cherchons à lui ressembler. Son principe est mimétique et comme les molécules d’un gaz qu’on chauffe, les êtres humains, dans le monde entier, s’agitent de plus en plus, consomment de plus en plus, jusqu’à l’explosion sous l’influence toujours croissante de cette source d’excitation.
La publicité est extrêmement efficace (d’autant plus efficace, en fait, que dans la plupart des cas, nous décrétons que nous n’y sommes pas sensibles, ce qui fait que nous ne sommes pas protégés contre elle).
Elle est extrêmement efficace parce qu’elle apporte de l’énergie à un moteur qui, Girard l’a montré, est à la source des sociétés humaines : la rivalité mimétique.
Elle est extrêmement efficace parce qu’elle est devenue, en 50 ans, de plus en plus performante, intrusive et subliminale.
L’encart inséré dans une page de journal est devenue publicité radiophonique, puis télévisuelle son impact augmentant avec l’évolution des technologies de communication.
La société la plus emblématique des 10 dernières années, Google, est une régie publicitaire capable d’insérer dans des pages des liens presqu’invisibles mais de plus en plus pertinents et optimisés. La façon d’agir de Google est significative: peu importe à Google comment agissent les liens sponsorisés sur notre cerveau, mais Google cherche à optimiser cet effet en optimisant un taux de clic. En tout innocence, on arrive à une capacité d’influence remarquable et toujours croissante.
La publicité a pour conséquence de générer une impulsion d’achat, c’est-à-dire qu’elle masque l’intérêt profond, long terme du citoyen en le transformant en consommateur impulsif. Le citoyen troque littéralement ses droits contre un plat de lentilles.
Aujourd’hui, la publicité est partout et il est devenu impossible de lui échapper.
Elle s’est développée corrélativement à la mondialisation, qui peut se caricaturer en fait comme l’extension du modèle créé par Coca-Cola à la planète entière.
On ne comprend pas la crise actuelle si on ne voit pas que c’est avant tout une crise mimétique qui entraîne une surconsommation mondiale.
Quand on étudie, par exemple, la nature des dossiers de surendettement, on se rend compte que les cas les plus fréquents sont dûs à des erreurs de consommation (achats d’électronique, consommation téléphonique excessive, achat de maison) beaucoup plus qu’à une situation structurelle qui entraînerait la pauvreté.
Dans les cas les plus extrêmes, on voit, sur M6 l’autre soir, des jeunes femmes des pays de l’Est se prostituer le vendredi soir pour pouvoir sortir en Prada le samedi soir. Raccourci saisissant de la situation mondiale où les droits fondamentaux de la personne humaine sont troqués, volontairement, contre un droit à consommer un bien qui semble inutile.
Aux Etats-Unis, les consommateurs qui se sont endettés pour acheter leur maison ont eu un comportement d’avidité très similaire aux banquiers et recherchaient eux aussi l’enrichissement par des moyens financiers. Ils sont, psychologiquement, tout aussi coupables que les “initiés de la finance” dont parle Jacques Attali dans son analyse de la crise - évidemment, ils sont aussi beaucoup plus à plaindre.
Il est important de poser le problème de la surconsommation générale pour plusieurs raisons:
- ceux qui analysent le mieux la crise actuelle (Bob Reich, JA, Michel Rocard …) ont perçu le problème du surendettement, mais l’interprètent juste en terme d’appauvrissement structurel lié à la mondialisation. Or il y a aussi asservissement consumériste, qui ne se résoudra pas en relançant la consommation - au contraire - mais en diminuant les incitations à consommer.
- on a tendance à croire qu’on se sortira de la crise financière par des moyens qui s’opposent au Grenelle de l’environnement, plus généralement par des moyens qui retardent la lutte contre le réchauffement climatique, puisqu’on cherche à générer de la croissance.
Il n’en est rien. Réchauffement climatique et crise financière ont une cause commune: l’emballement de la consommation. Les méthodes pour résoudre les deux problèmes sont communes. C’est une très bonne nouvelle, si on s’en rend compte.
- Il sera très difficile aux Etats de lutter contre la crise. Les Etats agissent en général de façon très grossière avec assez peu de discernement. Or ici, il s’agit de changer de mode de consommation, de remplacer des dépenses par d’autres, bref, il faut investir de façon massive en maîtrisant très finement les dépenses.
Trois intuitions de Nicolas Sarkozy
La fin de la publicité sur les chaînes publiques.
Des chaînes publiques sans publicité, c’est une excellente mesure, je l’ai déjà écrit, bien qu’elle ait sans doute été prise en toute inconscience de son effet sur la crise. On pourrait aller plus loin encore et imposer aux chaînes privées un pourcentage de publicité pour des intérêts généraux, de façon à contrebalancer les positions des acteurs économiques, qui ont toutes comme point commun de pousser à la consommation.
Par exemple, au-delà des intérêts concurrentiels, tous les constructeurs de voiture communiquent sur le côté vert des nouveaux modèles, ce qui contribue à faire croire au public que la voiture est devenue un moyen de transport écologique et à le déresponsabiliser - toujours le consommateur contre le citoyen.
Des masses d’argent énormes poussent en ce sens et rien en face. Aucune organisation d’intérêt général n’a les moyens économiques de faire passer, à grande échelle, un autre message. Si simplement 10% ou 20% des temps publicitaires d’antenne étaient confiés à des organisations d’intérêt général, la face du monde pourrait commencer à changer.
(Pour ceux qui s’intéressent au Capital Altruiste, je rappelle aussi qu’un de ses buts profonds est d’injecter des sommes massives dans les organisations d’intérêt général, pour leur permettre de peser face aux intérêts économiques. Le Capital Altruiste sera aussi, je l’espère, une façon de lutter contre la crise).
Un Ministre chargé de la gestion du plan de relance
Dans la mesure où une gestion fine de la relance est nécessaire, un tel ministère, unique en son genre me semble parfaitement approprié.
Une vision positive de la religion.
La crise est de nature mimétique et la religion est, au sens sociologique du terme, un moyen de contrôler la rivalité mimétique. Dans ce contexte, Sarkozy a eu raison d’exprimer au Latran que la religion n’est pas un danger, mais un atout.
C’est sans doute particulièrement vrai pour les religions du Livre, comme l’a montré René Girard.
On peut reprocher beaucoup de choses à Sarkozy, interpréter ses propos différemment, dire que ces mesures ne résultent aucunement d’une analyse profonde de la nature réelle de la crise, etc…
Il n’empêche. J’ai beaucoup d’admiration pour les gens dont les actions sont plus intelligentes que les discours, sans doute parce que dans mon cas personnel, c’est l’inverse !
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Pulp Fiction: trois rédemptions et un châtiment 11 juillet 2007
Par Thierry Klein dans : René Girard.Lu 33 737 fois | 3 commentaires
Violence et humour cachent le fait que Pulp Fiction est une mise en scène quasiment didactique des thèses de René Girard sur la violence, la grâce et la rédemption. Le film est constitué de trois histoires presqu’indépendantes - le deuxième titre du film qui apparaît dans le générique est "Three stories about One story".
- Première histoire : Elle commence par une liquidation violente de trois petits malfrats par deux tueurs (Vincent Vega, joué par John Travolta et son collègue Jules) et se termine par un braquage dans une caféteria.
- Deuxième histoire: C’est le récit de la soirée passée entre Vincent Vega et Mia, la femme de Marsellus, patron de Vincent.
- Troisième histoire : Butch, le boxeur (Bruce Willis), arnaque Marsellus - un truand violent. En tentant d’échapper aux griffes de Marsellus, Butch tue Vincent Vega. Marsellus et Butch se retrouvent prisonniers d’une bande de sado-masochistes, dont ils finiront par se libérer, grâce à Butch.
La structure du film est cyclique. Les trois histoires sont présentées de façon intercalée. Le film commence par le braquage de la cafétaria et se termine par cette même scène - filmée deux fois, donc, mais pas à l’identique: les dialogues des personnages diffèrent entre le début et la fin du film, ce qui a son intérêt mais ne constitue pas le sujet de ce billet.
Billets associés :- Capital Altruiste, Journal de FR3 (Direct)
- Les jeunes ont intégré le modèle républicain et se révoltent parce qu’il ne fonctionne pas.
- Se crasher avec Air France, c’est presqu’un plaisir tellement le personnel est bien formé.
- Altruistic capital, altruistic royalties: it’s the financing process that makes it efficient.
- Le e-learning, une méthode en voie de développement et qui va le rester

Une critique de l’origine de la domestication et de l’agriculture selon René Girard 5 avril 2007
Par Thierry Klein dans : René Girard.Lu 2 804 fois | 2 commentaires
Hypothèse de René Girard sur l’origine de la domestication animale (1) : « On a commencé à traiter les animaux comme des êtres humains afin de les sacrifier,en remplaçant les victimes humaines par des victimes animales ».
La principale raison avancée par René Girard pour justifier son hypothèse est que les théories existantes ne lui paraissent guère vraisemblables. En particulier, « le motif initial ne peut pas être l’avantage économique… contrairement à ce qu’imagine le rationalisme un peu court de Régis Debray dans son Feu Sacré. La domestication ne peut pas avoir été programmée ».
Sauf que le « motif économique immédiat » est absent d’énormément d’inventions humaines. Houellebecq définit l’homme comme un « animal ingénieux » est c’est un fait que son activité d’invention s’est déployée tous azimuts, l’intérêt économique de l’invention elle-même ayant un côté presque secondaire.
On reste rêveur devant l’acharnement mis par certains hommes à découvrir des choses totalement inutiles, je vais faire une petite liste évidemment non exhaustive :
- le premier homme qui a appris à nager a dû mettre des semaines à réaliser quelque chose qui n’a aucun intérêt économique et qui au contraire présente un danger mortel
- le premier homme qui a fait du chocolat a du préalablement manger des tonnes de cacao amer (quasiment inmangeable). Idem pour le premier sirop d’érable… Quelle mouche a donc piqué l’inventeur pour réaliser et tenter de manger ce sirop ? (Avec n’importe quel autre arbre, vous obtenez quelque chose d’inutilisable… La réalité, c’est que l’homme, en tant qu’espèce, a essayé tous les arbres, aussi incongru que cela puisse paraître. Et avec l’érable, il en a retiré quelque chose).
Bref, la recherche est une activité humaine naturelle, que nous justifions parfois par l’intérêt économique mais dont l’intérêt économique n’est en aucun cas la cause. L’explication fonctionnaliste est bien illusoire, mais cela ne justifie en rien l’hypothèse de Girard.
(suite…)
- Combien de singes pour faire un homme ?
- Les grands singes auront disparu en 2050, si nous ne faisons rien
- Vous êtes priés de laisser cet endroit aussi propre en sortant que vous l’avez trouvé en entrant (Pour une approche spécifiquement française du droit des animaux)
- La préservation des animaux : urgence et éthique (2/3)
- “Je fais bien plus d’efforts que toi”

René Girard, Freud et le Pape 14 avril 2005
Par Thierry Klein dans : René Girard.Lu 3 518 fois | ajouter un commentaire
Je me suis promis de ne pas trop parler d’actualité dans mon blog mais je trouve ça intéressant, pour illustrer mon billet sur René Girard, de comparer les différents points de vue sur la mort du Pape.
Vision “freudienne” : on insiste sur les ressemblances avec le sacrifice.
(suite…)
- Guy Lacombe a lu René Girard
- Abel, premier entrepreneur altruiste.
- Milan Kundera a lu René Girard !
- Le cimetière Ipod ou pourquoi Apple renouvelle sa gamme plus vite que la batterie ne s’use
- Chez TF1, maintenant, on tue la culture pour de vrai.

René Girard : l’avenir imprévu d’une illusion 20 mars 2005
Par Thierry Klein dans : Critiques, René Girard.Lu 5 529 fois | 17 commentaires
René Girard vient d’être élu à l’Académie Française. Une reconnaissance tardive et un peu faible pour un des plus grands découvreurs de notre temps.
René Girard est un découvreur, au même titre que Newton ou Freud. Ces écrits sont exceptionnellement clairs et articulés autour de quelques découvertes fondamentales, telles que le désir mimétique (dans le Roman, dans la Bible) ou les mécanismes victimaires et la violence. René Girard, c’est un des seuls grands auteurs modernes qu’on peut lire pratiquement sans référence et sans explication externe. Vous ne pouvez pas faire ça avec Freud, qui invoque à tout moment “l’expérience thérapeutique” (souvent peu vérifiable).
(suite…)
- Sur Onfray, sans l’avoir lu
- Houllebecq : le petit Girard Illustré
- Houellebecq : le petit Girard Illustré
- Abel, the first altruistic entrepreneur
- Milan Kundera a lu René Girard !
