Pulp Fiction: trois rédemptions et un châtiment 11 juillet 2007
Par Thierry Klein dans : René Girard.Lu 3 746 fois | 2 commentaires
Violence et humour cachent le fait que Pulp Fiction est une mise en scène quasiment didactique des thèses de René Girard sur la violence, la grâce et la rédemption. Le film est constitué de trois histoires presqu’indépendantes - le deuxième titre du film qui apparaît dans le générique est "Three stories about One story".
- Première histoire : Elle commence par une liquidation violente de trois petits malfrats par deux tueurs (Vincent Vega, joué par John Travolta et son collègue Jules) et se termine par un braquage dans une caféteria.
- Deuxième histoire: C’est le récit de la soirée passée entre Vincent Vega et Mia, la femme de Marsellus, patron de Vincent.
- Troisième histoire : Butch, le boxeur (Bruce Willis), arnaque Marsellus - un truand violent. En tentant d’échapper aux griffes de Marsellus, Butch tue Vincent Vega. Marsellus et Butch se retrouvent prisonniers d’une bande de sado-masochistes, dont ils finiront par se libérer, grâce à Butch.
La structure du film est cyclique. Les trois histoires sont présentées de façon intercalée. Le film commence par le braquage de la cafétaria et se termine par cette même scène - filmée deux fois, donc, mais pas à l’identique: les dialogues des personnages diffèrent entre le début et la fin du film, ce qui a son intérêt mais ne constitue pas le sujet de ce billet.
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Une critique de l’origine de la domestication et de l’agriculture selon René Girard 5 avril 2007
Par Thierry Klein dans : René Girard.Lu 959 fois | 2 commentaires
Hypothèse de René Girard sur l’origine de la domestication animale (1) : « On a commencé à traiter les animaux comme des êtres humains afin de les sacrifier,en remplaçant les victimes humaines par des victimes animales ».
La principale raison avancée par René Girard pour justifier son hypothèse est que les théories existantes ne lui paraissent guère vraisemblables. En particulier, « le motif initial ne peut pas être l’avantage économique… contrairement à ce qu’imagine le rationalisme un peu court de Régis Debray dans son Feu Sacré. La domestication ne peut pas avoir été programmée ».
Sauf que le « motif économique immédiat » est absent d’énormément d’inventions humaines. Houellebecq définit l’homme comme un « animal ingénieux » est c’est un fait que son activité d’invention s’est déployée tous azimuts, l’intérêt économique de l’invention elle-même ayant un côté presque secondaire.
On reste rêveur devant l’acharnement mis par certains hommes à découvrir des choses totalement inutiles, je vais faire une petite liste évidemment non exhaustive :
- le premier homme qui a appris à nager a dû mettre des semaines à réaliser quelque chose qui n’a aucun intérêt économique et qui au contraire présente un danger mortel
- le premier homme qui a fait du chocolat a du préalablement manger des tonnes de cacao amer (quasiment inmangeable). Idem pour le premier sirop d’érable… Quelle mouche a donc piqué l’inventeur pour réaliser et tenter de manger ce sirop ? (Avec n’importe quel autre arbre, vous obtenez quelque chose d’inutilisable… La réalité, c’est que l’homme, en tant qu’espèce, a essayé tous les arbres, aussi incongru que cela puisse paraître. Et avec l’érable, il en a retiré quelque chose).
Bref, la recherche est une activité humaine naturelle, que nous justifions parfois par l’intérêt économique mais dont l’intérêt économique n’est en aucun cas la cause. L’explication fonctionnaliste est bien illusoire, mais cela ne justifie en rien l’hypothèse de Girard.
(suite…)
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