Le capital altruiste est l’avenir du libre. 15 juin 2007
Par Thierry Klein dans : Open Source.Lu 895 fois | ajouter un commentaire
Le libre rame pour trouver des modèles économiques
Un très bon document édité par l’AFUL décrit les modèles économiques actuels. Ce qui en ressort, c’est qu’il n’y a rien de bien nouveau, ni de très prometteur pour le futur. Pas vraiment de modèle économique vraiment porteur.
L’AFUL donne 5 grandes catégories
1) Services récurrents
Typiquement, des prestations de service (développements de fonctions spécifiques, de certifications). Parfois, il y a dans l’esprit un peu d’abus dans l’air (exemple: faire payer une documentation exclusive, non libre, alors que le logiciel est développé en libre).
2) Mutualisations
En fait, la licence libre est souvent adoptée par simplicité lorsque plusieurs donneurs d’ordre souhaitent développer un projet commun, en partageant les coûts. C’est un des modèles les plus connus du libre (Apache, Open Office…). Problème: le partage des coûts n’est pas en soi un business model (où sont les revenus ?).
3) Apports de valeur ajoutée
Exemple typique: la freebox contient plein de logiciels libres mais est un produit que ses auteurs déclarent propriétaires. Evidemment, c’est le business model qui fonctionne le mieux (on s’approprie les développements faits par d’autres…). Problème: est-il légal ? Est-il éthique ? On rentre dans une des ambigüités fondamentales du libre. Autres exemples : on fait une version libre "light" et une version étendue non light.. Là encore, il s’agit de stratégie commerciale - respectable certes, mais pas grand chose à voir, au fond, avec l’esprit du libre.
4) Licences
On peut vendre un soft à la fois sous licence propriétaire, pour certains usages et sous licence libre pour d’autres usages… Exemple: si vous diffusez le soft dans un autre logiciel libre, vous êtes sous licence libre, mais si vous le diffusez de façon commerciale, vous êtes sous licence propriétaire… Tout ça est en fait une variante évoluée de la version "light". Et surtout, quels sont les moyens de réelle protection du code, dans un monde de chiens où tout le monde copie tout le monde ?
5) Apports indirects
Le site Web d’un logiciel libre peut être très consulté (François a un ranking de 8 sur Google qui me laisse rêveur !) et donc on peut y faire de la pub. Ca ne mêne franchement pas bien loin question business, quelques centaines ou milliers deuros / mois, pour des logiciels où il y a des années hommes de développement…
Autres possibilité citée: produits dérivés (je ne sais pas si la casquette Mozilla est tendance pour draguer, mais je ne sais pas non plus si c’est la principale motivation des geeks qui l’achètent). Ah oui, il y a aussi le mécénat (mais ce n’est pas vraiment un business model non plus, dans l’immense majorité des cas, les donations des utilisateurs sont très limitées. Et quand on donne pour du libre, quelle est vraiment la cause ?
Bref, le libre a pris une importance énorme dans notre société, mais n’a toujours pas réellement de modèle économique à la hauteur. D’ailleurs, comme le dit Tristan Nitot (Mozilla Europe), "la notion de modèle économique est paradoxale pour nous".
En bref, il y a un énorme décalage entre l’importance (considérable) qu’a prise le Libre dans notre société et la faiblesse de ses business models.
C’est pour ça que je crois beaucoup à la notion d’entreprise altruiste autour du libre. Une entreprise "bénévole" (elle a donné tout ou partie de son capital à une association humanitaire) développe un logiciel de nature propriétaire pour donner à l’association bénéficiaire. En bref, les actionnaires, les employés, les clients connaissent la nature de l’entreprise. Ils travaillent et consomment en toute connaissance de cause. Ce n’est plus du libre, c’est de l’altruiste et il y a un vrai business model: celui d’un éditeur de logiciel.
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Très facile de faire rappeler la FreeBox, à mon avis 6 novembre 2006
Par Thierry Klein dans : Open Source.Lu 866 fois | ajouter un commentaire
Xavier Niel a beau affirmer ses doits de façon péremptoire, ses arguments selon lesquels “des avocats réputés sur le sujet (et pas seulement Français) se sont penchés sur le cas Freebox (notamment en 2004 au moment de l’introduction en bourse d’Iliad, cela est même indiqué dans les documents d’introduction (publiques sur le web)), et ont estimé que la GPL v2 était parfaitement respectée, sans aucune ambiguité ou doute” ne valent pas grand chose.
La réalité, à mon sens, c’est qu’en droit français qu’il suffirait qu’un seul auteur ayant contribué aux logiciels utilisés par Free, j’ai bien dit un seul, s’oppose à l’utilisation faite pour que Free soit en très grand danger. Un tel auteur pourrait se manifester totalement indépendamment de la Free Software Foundation, qui n’est nullement détentrice des droits sur le logiciel.
Les autres arguments à l’emporte-pièce du style “la FSF a compris que Free est une caisse de résonnace sans pareil” ou “la FSF semble avoir oublié la GPL v2, si on les écoutait Google ou Amazon devrait discloser leurs sources” ou encore ” il y a un nombre de geeks libriste au m2 dans les locaux de Free imbattable en France, quelqu’un croit-il vraiment que ces 10aines de personnes se permettraient de faire quelque chose de contraire à la GPL v2 alors qu’ils sont probablement les premiers contributeurs du libre en France ?” - et j’en passe, sont carrément hors sujet.
Et qu’on ne vienne pas dire que je suis de mèche avec la FSF, je ne les connais pas, pas plus que je ne connais Xavier Niel. Je suis juste un grand admirateur de sa carrière sexuelle.
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Si vous voulez faire de l’humanitaire, créez votre entreprise 27 août 2006
Par Thierry Klein dans : Open Source.Lu 2 245 fois | 13 commentaires
L’un, Bill Gates, a toutes sa vie affiché des objectifs de nature privée. Il a construit sa fortune autour d’un grand principe, celui de la propriété intellectuelle (le droit de l’auteur à faire prospérer son oeuvre en fonction de ses intérêts propres). Sa principale arme de guerre a été le marketing, c’est-à-dire l’opium du peuple moderne (à moins, dirons certains, que le marketing ne soit le principe fondateur et la propriété intellectuelle le moyen; peu importe).
L’autre, Richard Stallman, fondateur de la Free Software Foundation et inventeur de la licence libre, a toute sa vie affiché des objectifs altruistes. Le but du Libre, c’est de répandre sur la planète du logiciel gratuit pour permettre à tous d’en profiter. Les développeurs libres font don de leurs droits d’auteur au nom de l’intérêt général des utilisateurs.
L’un a toute sa vie été vilipendé - il est vrai que Microsoft a souvent fondé ses succès sur des actions illégales ou déloyales. L’autre est universellement acclamé, accueilli partout comme un gourou visionnaire.
Pourtant, après 20 ans, quel est le bilan collectif des actions de ces deux hommes ?
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Vous êtes priés de ne pas brancher la machine à café sur le lave-vitres 24 juillet 2006
Par Thierry Klein dans : Open Source.Lu 1 194 fois | 1 commentaire

Merci, Alberto, de me signaler un nouveau brevet de cafetière pour voiture déposé par Nestlé dans le domaine du café.
Ce brevet “tombe” après de nombreux autres dans le même domaine, en particulier concernant le procédé Nespresso. (Allez le consulter en ligne : le site de l’Office Européen des Brevets est à mon avis extraordinaire. Il y a tout: copie du brevet, des schémas, des demandes, etc… le tout très simple à consulter).
Ce qui caractérise ce nouveau brevet, c’est - avis personnel - le très faible niveau d’innovation.
Tout tourne autour de 2 points:
1) Selon Nestlé, il n’existe pas de système pour voitures qui envoie de l’eau à une température uniforme (inférieure à celle de l’eau bouillante, pour faire du bon café). (Mais évidemment, il existe de tels systèmes pour des cafetières “normales”. Donc la seule amélioration, au final, c’est que le système Nestlé fonctionne à l’aide d’une alimentation en continu style 12 V au lieu d’une alimentation 220 V alternatif… Je ne vois franchement pas ce que ça change au schmilblick.)
2) Une astuce de design qui permet de remplir la machine avec une seule main, “pour ne pas déranger le conducteur” ! A quand les amendes pour conduite avec cafetière, pour remplacer la conduite avec portable ? Ca, ce serait vraiment tendance !
Comme ce point tient au design (du bon boulot d’ingénieur, d’ailleurs), sa brevetabilité me semble plus évidente - et la portée du brevet plus limitée: ce qui intéresse le plus Nestlé, c’est évidemment le point 1. Si ça passe, plus possible de concevoir une machine de voiture qui fait du bon café !
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Google, l’Open Source et la vertu / Google and Open Source communities should show more ambition for the world 18 mai 2006
Par Thierry Klein dans : Open Source.Lu 1 060 fois | 1 commentaire
On n’insiste pas assez sur la double négation présente dans le slogan de Google “Don’t be evil”. Pourtant, cette double négation contient une bonne partie de l’histoire de l’humanité, passée et à venir.
Les fondateurs n’ont pas voulu afficher une volonté positive de faire le bien ou le bonheur, car ils craignaient pour eux-mêmes les excès liés aux initiatives qui, à travers les âges, de l’inquisition au communisme, tentaient de façon positive de faire le bien, y compris contre la volonté des gens.
La constitution américaine introduit elle-même la notion de droit individuel au bonheur comme une protection face au totalitarisme.
The US constitution itself introduces the individual “right to happiness” as a protection against totalitarism
- Google: la fin du début / Google : the end of the beginning (part 2)
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La fin du copyright / The end of copyright ? 2 mars 2006
Par Thierry Klein dans : Open Source.Lu 889 fois | comments closed
Lu sur le blog de Harold (citation tirée d’un article du New York Times):
Economists tell us that, as the marginal costs of reproduction shrink, so should unit value. People still want physical books, but the only reason to restrict the digital reproduction of music and film today is to support artists, or — more to the point — to make money. The attempt to use restricted access as a business model in the face of this gigantic change seems not only unethical, but increasingly impractical. …
So we need to examine new models for funding creative works — to address the question of how cultural producers will survive under the new paradigm. New approaches to copyright and reproduction are not just necessary, but inevitable. Copyright — the right of a creator to control the reproduction of a work and to sell this control to others — is a legal device that was designed for an earlier social/technological moment.
Je ne suis absolument pas d’accord avec ces conclusions, mais, au-delà de tous les délires qu’on lit sur la loi DAVSI en ce moment, c’est la première fois que je vois la problématique bien posée. Donc ça me semble utile de répondre à ce genre d’arguments.
(suite…)
- Un nouveau blog juridique consacré aux nouvelles technologies
- Capital Altruiste, droits d’auteur altruiste : c’est le mécanisme de financement qui fait l’efficacité
- Nespresso : le café en mode ASP.
- Brevet-pedia
- Si vous voulez faire de l’humanitaire, créez votre entreprise

"Une bonne utilisation de l’Open Source permet de réduire le capital nécessaire au lancement d’une entreprise" 28 novembre 2005
Par Thierry Klein dans : Open Source.Lu 1 045 fois | 4 commentaires
C’est Joe Kraus (le créateur du moteur de recherche Excite, en 1993) qui le dit. Il a fallu trente fois moins d’investissment pour lancer sa nouvelle société Jotspot, qui développe des sortes de variations sur le thème du wiki que pour lancer Excite.
La raison principale, c’est l’accès aux technologies Open Source, qui n’existait pas il y a 10 ans.
Et dans cette utilisation, une des grosses sources de gain, c’est le fait qu’on ne perd pas de temps ni d’argent à négocier les licences (c’est une idée très intéressante, que je vois écrite pour la première fois, qui me semble très vraie et que vous ne trouverez pas dans les comparatifs mille fois ressassés comparant Office et Open Office).
Lui le dit, et je peux vous dire que Google le fait. Sans Open Source, il n’y aurait peut être jamais eu de Google. Tout récemment encore, les systèmes voix et vidéo de Google ont été développés à partir de VLC (logiciel Open Source développé par Centrale Paris).
Sans dévoiler les technologies qu’on emploie chez Speechi, il est évident qu’on n’aurait jamais pu réaliser le logiciel sans l’Open Source.
Idem pour Skype, qui est un des résultats d’une politique Open Source nationale conduite par l’Estonie.
Ce qu’il faut retenir de ça ? C’est que l’Open Source crée bien une sorte de tissu industriel de compétences et induit des emplois et ce ne sont pas que des emplois de service.
Billets associés :- L’Open Source profite au pays qui s’en sert
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Un moteur de recherche dédié aux cours Open Source des universités
Par Thierry Klein dans : Open Source.Lu 940 fois | ajouter un commentaire
Un moteur de recherche spécifique aux universités Open Source (pour l’instant, il ne recherche que dans des catalogues d’universités américaines, telles que le MIT, mais je parie qu’on y verra bientôt des programmes britanniques (L’Angleterre, grâce à Blair, est montée dans le train de l’Open Source).
Comme je l’ai déjà expliqué dans plusieurs billets, la France est en train de passer complètement à côté du levier industriel et géopolitique que constitue l’Open Source.
Source : What’s new at the elarning center.
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- Suis-je un ancien communiste ?

L’Open Source profite au pays qui s’en sert 13 novembre 2005
Par Thierry Klein dans : Open Source.Lu 956 fois | ajouter un commentaire
J’ai déjà écrit plusieurs articles sur la façon dont les états peuvent investir dans l’Open Source et les bénéfices qu’ils peuvent en retirer:
- création d’un tissu numérique réel pour un coût presque nul (à comparer avec les investissements inutiles, plans calculs, incitations et autres dont les coûts sont pléthoriques et les retombées douteuses)
- création d’emplois de service
La Grande-Bretagne, sous l’impulsion de Tony Blair, est le seul pays occidental à avoir compris tout ça et investit massivement dans l’Open Source. Les projets Open Source de grande envergure commencent à apparaître. En voici deux:
- “Open University” (à terme, l’utilisation du logiciel Moodle la plus importante au monde)
- Open Source Academy
Je rappelle que quelle que soit l’importance de ces projets, les enjeux de la politique Open Source menée par Tony Blair les dépassent largement. Tony Blair est tout simplement en train de faire de la Grande-Bretagne le pays le plus performant dans le domaine informatique à 10 ans (et quand on sait d’où les anglais sont partis, ce n’est pas une mince performance).
Billets associés :- Le rôle du gouvernement dans la politique Open Source (piqûre de rappel).
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