Les points communs et les différences entre le Capital Altruiste et l’entreprenariat social de Mohammed Yunus 30 avril 2008
Par Thierry Klein dans : Entreprise altruiste.Lu 3 535 fois | 2 commentaires
Je reçois pas mal de courrier où on m’informe de telle ou telle initiative solidaire qui a pris la forme d’une entreprise. L’entreprenariat social (en anglais « social business »), c’est ainsi qu’on le nomme le plus souvent, se développe et prendra de plus en plus d’importance. C’est une tendance lourde et mondiale.
Entreprenariat social et Capital altruiste, si l’on n’y prend garde, ont l’air de signifier à peu près la même chose. Mes amis me disent donc que je suis plagié de façon intolérable (par un prix Nobel de la Paix !), des lecteurs moins tolérants pensent simplement que le concept Capital Altruiste est d’une banalité folle (c’est une erreur) et que ma façon de présenter les choses tourne à la mégalomanie (c’est parfois vrai).
Mais au-delà du fait qu’entreprenariat social et capital altruiste sont tous deux des tentatives d’inspiration humanitaire pour améliorer le monde, ce qui est déjà beaucoup, il n’y a pas grand-chose de commun entre eux. Ils diffèrent totalement quant à leur façon d’agir sur le monde et souvent dans leur analyse de la situation présente.
(suite…)
- Une entreprise altruiste doit-elle se conduire de façon plus éthique que les autres ?
- Le Business Plan du Capital Altruiste, en une page
- Les statuts altruistes - version finale
- GoodAction, première entreprise altruiste ?
- Le Capital altruiste et Speechi

Du client-roi au client-esclave 25 avril 2008
Par Thierry Klein dans : Politique.Lu 1 488 fois | ajouter un commentaire
La polémique autour du boycott des jeux de Pékin illustre on ne peut mieux comment la mondialisation fait perdre au citoyen l’exercice de sa liberté, comment il est une victime presque consentante de ce phénomène.
Nous - les pays occidentaux - sommes les clients de la Chine, comme l’atteste le déficit de nos échanges. Pourtant, c’est la Chine qui appelle au boycott des produits français. L’idée même qu’on puisse s’en prendre au magasin Carrefour de Pékin semble terrifier tout le monde.
L’hypocrisie est générale. Les politiques - ou les sportifs de second rang, pour qui les Jeux ont une importance avant tout politique - demandent aux meilleurs sportifs des actions qu’ils sont eux-mêmes incapables d’entreprendre.
Les activistes occidentaux manifestent dans une ambiance d’opérette, mais finalement la seule façon efficace de peser sur la Chine serait de boycotter les produits chinois (1).
Or ce boycott ne peut pas se faire pour deux raisons:
- En 40 ans, la Chine est devenue un fournisseur important, puis incontournable, puis stratégique. L’outil industriel occidental, c’est la Chine. Le boycotter, c’est mettre à genoux l’économie du monde et nous avons aujourd’hui autant, sinon plus, à y perdre que la Chine. (2)
- En 40 ans, sous l’influence de la publicité qui est son opium, le citoyen démocratique s’est transformé en consommateur dépendant, esclave - ce terme devant être pris au sens marxiste. Il a troqué sa liberté contre son droit à consommer - ou plutôt contre une propension à consommer, mimétiquement catalysée - ce terme devant être pris au sens de Girard - par la publicité.
Ce qui nous fait le plus peur aujourd’hui ? La fermeture d’un Carrefour en Chine !
(1) Voir aussi, sur ce sujet, l’opinion de François de la Chevalerie (Le Monde du 23 avril). En particulier:
Pourquoi n’appellent-ils pas au boycottage des produits chinois ? Piégés par le même réalisme économique qu’ils dénoncent, aucun ne s’y risquerait. Car alors ce serait accepter que le pouvoir d’achat des Occidentaux soutenu par l’accès à des produits à bas coûts chute !
(2) Plusieurs analyses brillantes dénoncent l’origine économique de ce déficit démocratique, lié évidemment à la mondialisation. La meilleure analyse que j’ai pu lire est celle de Bob Reich, ancien Ministre du travail de Clinton et que je vous recommande vivement - c’est un livre simple, clair, original et brillant qui fera date (Supercapitalisme). Aucune analyse, à ma connaissance, n’accorde assez d’importance au rôle central de la publicité dans ce phénomène.
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Yahoo publie des résultats trimestriels supérieurs aux attentes (Reuters, 22 avril) 22 avril 2008
Par Thierry Klein dans : Technologies.Lu 1 493 fois | ajouter un commentaire
Chanceux qui lisez ce blog, vous le savez depuis 15 jours et vous savez aussi exactement pourquoi (voir le paragraphe d).
A force d’avoir toujours raison, je pourrais me laisser aller et afficher un zeste, ne serait-ce qu’un zeste d’auto-satisfaction, mais non: ma modestie légendaire me l’interdit.
Via Reuters
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Interlude 21 avril 2008
Par Thierry Klein dans : Animaux.Lu 1 251 fois | 1 commentaire Billets associés :
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Chez TF1, maintenant, on tue la culture pour de vrai. 19 avril 2008
Par Thierry Klein dans : Pour rire ....Lu 1 332 fois | ajouter un commentaire
Un fonctionnaire de la culture meurt chez un dirigeant de TF1 (Le Monde, 19/04/2008).
(C’est gai, mais c’est triste.)
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Un super sujet, digne, émouvant et pas racoleur, pour le prochain "Droit de savoir" ! 18 avril 2008
Par Thierry Klein dans : Pour rire ....Lu 1 195 fois | ajouter un commentaire
Un corps retrouvé au domicile du patron de TF1 International !
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Qu’est-ce que le Capital Altruiste ? 17 avril 2008
Par Thierry Klein dans : Entreprise altruiste.Lu 3 207 fois | 6 commentaires
Une conférence en ligne enregistrée avec Speechi.
Bon, je sais, 30 mn c’est un peu long… J’en ferai une autre qui sera plus dynamique sous peu (5 mn).
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Un business plan d’une page 11 avril 2008
Par Thierry Klein dans : High-Tech dans le Nord.Lu 1 692 fois | 3 commentaires
J’ai toujours été sidéré par l’absolue inutilité des business plan - et surtout le rapport entre le temps passé à les faire et le temps passé à les lire.
La plupart du temps, le business plan répond à une demande (celle du capital-risqueur, celle de l’état, celle du banquier…) - on veut faire passer l’entrepreneur sous des fourches caudines (comme le business plan ne répond à aucune besoin concret pour l’entreprise, on essaie en fait de le transformer en fonctionnaire, au sens de Stifter).
En revanche, il faut pouvoir présenter rapidement son entreprise dans les quelques situations suivantes:
- dans un ascenseur (vous avez une minute)
- dans une soirée, un cocktail… (vous avez 5 minutes)
- dans une réunion formelle (vous avez 30 minutes au plus). De toutes façons, Pavlov a prouvé que l’attention neuronale du capital risqueur moyen est limité à 10-15 mn. Au-delà, les neurones du VC saturent, tournent en boucle ou, pour les tous meilleurs d’entre eux, pensent sexe.
.
Je vous conseille donc vivement le “business plan en une page“ de Tim Horan, qui vous apprend à mettre vos idées les plus importantes sur le papier de la façon la plus claire, la plus courte, la plus communicante possible.
C’est en fait très intéressant intellectuellement, vous le verrez, de faire un business plan d’une page. Il faut de la réflexion, de la technique, de l’astuce et du temps. 99% des business plans que je lis ne nécessitent que de la technique (un peu) et une approche bovine (le plus souvent).
Ce livre est vraiment excellent et recouvre les trois usages dont j’ai parlé, il permet de faire un business plan assez rapidement utile pour les autres et parfois même, vous n’allez pas me croire, c’est un comble !, utile pour soi.
“Dois-je parler deux minutes ou une heure ? Si c’est une heure, laissez-moi me préparer deux minutes, si c’est deux minutes, laissez-moi bien plus d’une heure.” (Winston Churchill)
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Microsoft a pris le pouvoir chez Yahoo 7 avril 2008
Par Thierry Klein dans : Technologies.Lu 1 500 fois | 3 commentaires
J’ai rarement vu une lettre dont le contenu est aussi faible que celle envoyée par Yahoo pour refuser l’offre de Microsoft.
a) La marge de négociation de Yahoo est si étroite qu’ils ne peuvent même pas se permettre de rejeter franchement l’offre de Microsoft (”we have continued to make clear that we are not opposed to a transaction with Microsoft“)… Pourtant, Dieu sait que l’offre ne doit pas plaire aux dirigeants de Yahoo !
b) Le ton est incroyablement mesuré presqu’implorant à certains endroits lorsque la lettre s’adresse directement à Steve Ballmer (”Moreover, Steve, you personally attended two of these meetings and could have advanced discussions in any way you saw fit“).
c) La vacuité des arguments est incroyable… En fait, cette lettre n’est qu’un habillage pour les actionnaires, qui vont être démarchés par Microsoft dès lors que l’offre deviendra hostile. Son existence même, sa longueur, traduisent la position de faiblesse des dirigeants.
d) La seule chose qui pourrait faire remonter un peu la côte de Yahoo: de bons résultats trimestriels. Attendez-vous donc à ce qu’il soit excellents (il y a toujours, dans des sociétés de cette taille, quelques réservoirs disponibles pour valoriser un bilan trimestriel). Ca permettra à Microsoft de monter - légérement - son offre et au management de Yahoo de sauver la face.
Pas très longtemps, car je vois mal Microsoft garder la présente direction en place (depuis 5 ans, de multiples erreurs ont été commises et, surtout, il n’y a aucun plan d’avenir chez Yahoo).
Microsoft devient le n°2 de la publicité alors que les positions de Google dans la téléphonie, la bureautique, les systèmes d’exploitation sont encore très marginales. L’avenir de Google ne peut plus passer que par le Web.
Conséquence boursière:
- Vous pouvez jouer Yahoo à la hausse, à terme sur 3-6 mois, jusqu’à un cours d’au moins 31 USD (cours d’aujourd’hui: 27,7). Il y a 2 raisons: les bons résultats de Yahoo et le deal avec Microsoft qui va probablement se réaliser.
- Probablement, de façon indirecte, l’annonce du deal fera aussi chuter un peu Google.
- Microsoft prêt à relever son offre pour convaincre Yahoo!
- Le prix exorbitant de l’Olympique Lyonnais
- L’arrivée de Yahoo Answers et Ketady
- Thierry la ramène encore sur Google.
- Shit inside, Apple outside

Google, Web 2.0 et les autres: méfiez-vous du gratuit ! 6 avril 2008
Par Thierry Klein dans : Entreprise altruiste.Lu 1 644 fois | ajouter un commentaire
On confond facilement don et gratuit, en oubliant que si le don est du domaine de la solidarité, le gratuit n’est le plus souvent qu’un modèle économique. Les entreprises du Web 2.0 jouent habilement sur la confusion et cherchent à attirer vers elles le capital de sympathie attaché à la notion de don en parlant de gratuité, de collaboration, de partage, de liberté, etc… (il y a tout un jargon, mille fois ressassé, du Web 2.0).
Le Cheval de Troie de la pub
Le gratuit est donc un don intéressé – et le premier exemple de don intéressé qui me vient à l’esprit, c’est le cheval de Troie.
« Qu’est-ce qui se cache donc dans les entrailles du gratuit ?
- C’est bien sûr la publicité, Monsieur.
- Ah bon ? Ce n’est donc rien de grave ?
- Si, c’est très grave, car la publicité entraîne le monde à sa perte »
Et voici pourquoi.
Billets associés :- Good Action, Doona, alternatives humanitaires à Google.
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- Quelques exemples de la lutte entre le consommateur et le travailleur: du travail des femmes au vélib.
